Équipement principal et évacuation


Le sujet traité ici est fondamental.

Partir, c’est prendre un risque, mais rester trop proche du danger, c’est mourir assurément.
Pourquoi devez-vous accorder une grande importance à cet article ? Parce que, avant de devoir affronter une situation critique, la question fondamentale que se pose d’emblée toute personne est : « comment y faire face ? »

Vol West, le grand spécialiste ès survivalisme du monde francophone, évoque : « Peu importe la problématique ; il y en a tellement. Se préparer pour une difficulté spécifique est futile. Travaillez votre indépendance, résilience et autonomie. Car, finalement, quelle que soit la nature de cet effondrement, la solution restera la même. »

Il a, bien entendu, entièrement raison. Seulement, ce concept sous-entend essentiellement de pouvoir rester chez soi, au sein d’une habitation (ou Base Autonome Durable) suffisamment isolée pour savoir à l’avance que le Shit Hit The Fan ne vous éclaboussera pas. Malheureusement, dans l’effondrement sociétal qui s’annonce, vous aurez énormément de chance si aucun facteur de risque ne vous oblige à évacuer votre domicile, même provisoirement. Il vaut mieux donc vous préparer, aussi bien physiquement que mentalement, à lister vos besoins en terme d’équipement principal, faire d’ores et déjà le choix de ce qu’il faudra emmener… ou sacrifier.

« Tu veux passer à l’action dans la rue ? Sois libre comme l’air. Tout ce qui est entré dans ta vie, tu dois pouvoir t’en débarrasser en trente secondes, montre en main, avant que ça se mette à chauffer dans le coin. »
Robert De Niro, Heat, © 1995 Warner Bros.

La possession d’armes à feu relève d’une problématique particulière. Ce n’est pas un sujet dont on se préoccupe à la dernière minute, et il est d’une importance capitale : peu importe ce que vous aurez sur vous, si vous n’êtes pas capable de défendre votre zone vitale, même l’équipement de survie le plus couteux ne servira à rien. Soyez donc armé, quoi qu’il arrive !
Bien entendu, je le répète, ceci n’est valable qu’en situation très dégradée, sans forces de l’ordre pour protéger la population.

Je suis sûr que la majeure partie d’entre vous a déjà pris connaissance d’un certain nombre de listes, kits, modules de survie à travers certains blogs, tels ceux d’Olduvaï et de Pierre Templar, ou les vidéos d’auteurs pertinents, comme Vol West ou Piero San Giorgio. Je n’entends cependant pas être redondant, et il ne me servirait à rien de réécrire la même chose (même s’il y a d’inévitables similitudes).

La particularité de ma démarche consiste à prendre en compte la géopolitique actuelle et le désastre humanitaire qui s’annoncent à travers une spécificité française (pays occidental le plus concerné par un conflit ethnique). Ce qui nous préoccupe, en conséquence, n’est pas tant de savoir comment parcourir sans sourciller la GR 20, qui traverse la Corse, ni éviter d’être désagréablement surpris lors d’une excursion touristique en Amazonie. Non, il est ici question d’esquiver la montée exponentielle et généralisée d’une violence haineuse (essentiellement envers le Système, l’Occident chrétien et les Européens de souche), de résister aux impacts sismiques d’une succession d’émeutes.

Tout simplement, faire face à une situation de chaos, qui conduira vers un conflit dévastateur…

Dans ce cas de figure, une seule loi fait autorité : survivre.

Un contexte cauchemardesque, où l’individu lambda sera à l’image du geek assoiffé de sensations que l’on trouve dans DayZ, ce jeu de survie multijoueur situé dans un univers post-apocalyptique : on tire à vue, on cannibalise l’équipement du voisin, on pille chaque maison…

Et, très certainement, in real life, ferons-nous pareil.

Vous avez compris qu’une évacuation sous stress ne s’effectue pas avec un sac de randonnée classique. Ceux qui vous vendent des sacs à dos 3-Day, Assault ou 24 heures ne conceptualisent pas leur démarche sous l’angle « mode de vie dégradée ». Or, pour nous, un contenant de 90 litres ne nous permettra pas forcément une autonomie d’une semaine ; il pourrait même vraisemblablement nous faire tuer dans l’heure. De même qu’un sac de 30 litres soi-disant « à la journée » favorisera discrétion et mobilité durant de longs mois.

Je veux aussi vous amener à l’angle de réflexion suivant : « dans ma liste d’objets, lesquels doivent figurer d’office parmi les indispensables ? Quels sont ceux que je ne trouverais pas facilement dans les maisons disposées sur ma route ? » Des questions intéressantes, qui amènent à statuer sur la nécessité de ne pas forcément s’encombrer avec les ustensiles du commun. Vous devez évacuer votre habitation. Votre sac à dos est pratiquement plein et il vous faut faire un dernier sacrifice : un choix cornélien entre votre ultime boite de riz ou des cartouches. La bonne question à se poser est : « en fouillant le voisinage, vais-je plus facilement y découvrir de la nourriture ou mes fameuses .308 Winchester ? »

Vous avez compris le principe de sélection.

Une fois la hiérarchisation de l’équipement appréhendée, il faut conceptualiser cette démarche par une mise en application ; tout ranger à la bonne place. L’ensemble de ce que vous jugez plus ou moins utile pour votre survie doit ainsi être trié selon trois niveaux :

1/ Le premier accueille tout l’équipement « Indispensable », celui que vous ne devrez en aucun cas sacrifier. Il est compartimenté sur vous ; tenue personnelle, gilet porte-plaques balistiques, ceinture de combat. C’est globalement un EDC (Every Day Carry), mais de conflit, celui-là.

L’armement, qu’il soit principal (arme longue polyvalente) ou secondaire (corps-à-corps), doit bien évidemment se trouver à ce niveau, dans le cadre d’une utilisation immédiate.

2/ Ensuite vient le matériel jugé « Nécessaire » à votre survie. Il sera placé dans votre sac à dos. Je vous mets à nouveau en garde ici contre le Bug Out Bag (sac d’évacuation typiquement autonome sur 72h) à la mode américaine, qui consiste à s’alourdir d’un poids aussi considérable que dangereux.

Un contenant moyen de 35 litres est vivement recommandé. Pour ceux qui trouveraient ce chiffre trop allégé, j’attire votre attention sur l’impossibilité pour un individu moyen de devoir courir, s’accroupir, sauter ou simplement survivre avec 90 kg dans le dos. J’ai testé différentes configurations et, croyez-moi, 30-40 litres représentent le bon dosage dans un contexte de stress permanent. Bien que difficilement sacrifiable, cet équipement-là le sera tout de même en cas de nécessité absolue.

3/ Ici vient ce que j’appelle le paquetage « Confort ». On le garde avec soit tant que tout va bien, parce que l’on est encore au domicile, ou que l’on évacue véhiculé. Généralement placé dans un ou plusieurs sacs de voyage, ce matériel sera bien évidemment abandonné en premier si des circonstances inhabituelles venaient à en décider.

J’irais dormir chez vous
N’est pas Antoine de Maximy qui veut, et tout le monde n’a pas son aisance linguistique ni son ouverture d’esprit pour s’incruster chez les autres.

Il va pourtant falloir vous faire violence…

En pleine période de troubles majeurs, il n’est pas question d’adopter la marche champêtre du randonneur retraité, pourvu de l’équipement idoine. Il vous faudra faire le choix logique de la mobilité. Si, une fois sorti de son domicile, il est important de savoir où et dans quelles conditions on devra « planter la tente, étaler le tapis de sol et poser le duvet », on se doit dès à présent de cerner la pertinence d’une telle démarche.

Pensez-vous vraiment que, dans le chaos d’une guerre civile teintée de haines raciales, vous aurez le loisir d’enfoncer tranquillement vos piquets et de tendre la toile entre deux arbres ?

Visualisez dès à présent l’actuel conflit syrien, voire éventuellement irakien (nous parlons de 2015-2017). Transposez en France les zones contrôlées par le gouvernement en place, l’État islamique, le Front al-Nosra et l’armée libre ; je vous épargne la problématique engendrée par les bombardements russes, turques, israéliens et américains. Ne prenez pas cette démarche à la légère… parce que c’est, globalement, ce qui nous pend au nez.

Alors, vous la placez où votre tente, dans ce merdier ?

Vous avez compris que le camping n’a pas sa place ici, et que le module dormir dehors consistera à squatter tout ce qui pourra l’être sur votre route.

Au mieux, jetez duvet, tapis de sol et tente dans votre sac de confort.

Le point de chute, sacrée chute !
Je ne vais pas m’étendre sur ce concept, qui est pourtant à la base d’une importance capitale : vagabonder dans la rue ou errer tel un migrant sera limite un acte suicidaire (surtout en hiver). Vous ne pourrez tout simplement pas quitter votre domicile sans établir un plan de route et une destination. Je sais que beaucoup d’entre vous n’ont pas forcément de solution de repli : pas de maison de campagne, aucun ami fiable, des parents qui habitent le 93, etc. En ce cas, le moment venu, partez dans la direction opposée du danger et sachez improviser, le soir venu, pour trouver une maison inhabitée (toute polémique mise à part sur le concept discutable du squat, qui se pratique pourtant tranquillement en pleine République désincarnée. Alors, imaginez en situation de chaos…).

Je suis un peu long (ma femme me trouve un peu long), mais je pense qu’il faut prendre le temps de bien identifier les risques et dangers d’un effondrement de la normalité avant de s’y frotter.

Devoir de mémoire
Imprimez ou mémorisez ce qui suit ; vérifiez mensuellement ou annuellement ; cochez chaque ligne… Bref, procédez comme bon vous semble, mais procédez !

(Pour une meilleure lecture, ou simplement imprimer le ficher, utilisez "Fenêtre externe")



Réfléchir et agir
Les deux premiers niveaux sont individuels, tandis que le troisième regroupe l’équipement confort du foyer. Comme vous pouvez le constater, le paquetage donné ci-dessus s’adresse à un ou des adultes. C’est à vous de modifier et rajouter en conséquence suivant que vous ayez des enfants plus ou moins jeunes. Partez simplement du principe que chaque individu en âge de marcher durablement doit avoir une tenue et un sac à dos adaptés.

Anticiper une évacuation précipitée, une vie chaotique de nomade, et entreprendre cette démarche, pourra en rebuter certains. Nombreux sont ceux qui vivent dans un déni opiniâtre, préférant verrouiller leur esprit sur une existence immédiate et servile, plutôt que d’affronter la réalité… forcément angoissante.

« Plus jamais ça ! » entonnent certains. « La der des ders ! » proclament les autres. « Organisons une marche blanche, et tout s’apaisera. » Préconisent les plus pacifistes (sinistre mot, en vérité, qui dissimule simplement faiblesse et lâcheté).

Pour ma part, le pire des scénarios, que la terre originelle des Celtibères, Gallo-Romains et Germains pourrait connaitre, se résume avec le titre du livre de Michel Houellebecq : Soumission.

1 commentaire:

  1. Un lecteur m'a écrit pour me demander l'intérêt du smartphone en plein chaos. J'ai jugé que la réponse pouvait en intéresser plus d'un, aussi je poste ici ma réponse :

    Smartphone et tablette ont largement leur place.

    Important : même sans la puce de ton opérateur, tu accèdes aux informations de ton smartphone. Et un point d'accès wifi en free te donnera accès à internet.

    Bien sur, le contexte est important, mais je pars du principe que nous ne serons pas totalement coupé de la technologie ni de l'électricité.

    En étant réaliste, on imagine plus l'avenir en France comme une sorte de Liban, Irak ou Syrie, mais avec une spécificité occidentale. C'est à dire que nous n'aurons pas tout le pays en ruine ni ravagé. Il y aura des zones "safe", des zones ou l'électricité et internet passeront. Ne pas oublier, enfin, que plusieurs pays développés nous entourent, et tous ne serons pas en guerre... voire aucun.

    Il nous faudra donc un moyen de communication via internet.

    Cependant, tout aussi important, voire davantage :

    Le smartphone doit être considéré dans ce contexte comme une source d'informations encyclopédique qui tient dans la poche.

    Indispensable. Le mien, par exemple, contient tous mes documents : autorisations d'armes à feu, ID, tables balistiques, mode d'emploi talkies, descriptif du réticule de ma lunette de visée, etc.

    Sans oublier les photos et vidéos pouvant servir de preuves/témoignages pour x raisons.

    Il faut voir le smartphone, dans un contexte dégradé, comme une banque de données. Indispensable pour le calcul d'un tir de précision et pour emmagasiner des données sur la survie. Il peut servir de boussole, également.

    J'y enferme aussi des renseignements sur les premiers soins, les méthodes de soins, "soins en milieu dégradé", etc.

    Bref, un outil que l'on se doit de posséder.

    Le panneau solaire portable est là pour le recharger, donc prenez-en soins.

    Quand à la tablette, c'est du confort placé en niveau 3, qui a le même intérêt ; juste un écran plus grand, voilà tout.

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